Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Salina, Les trois exils

Les trois exils

Actes Sud

16,80
1 octobre 2019

Femme

J’ai mis du temps avant d’apprécier la plume de Laurent Gaudé. Alors quand Actes Sud propose une ré-édition d’un ancien roman, dans la veine de "La mort du roi Tsongor" dont je n’ai pas dépassé le second chapitre, je me suis dit "Pourquoi pas".

Et j’ai aimé ce roman.

Pas le personnage de Salina qui lance sa vengeance jusqu’à la prochaine génération.

J’ai aimé son arrivée bébé dans le village, son amour déçu pour Kano, sa vie parmi les pierres.

J’ai aimé son troisième fils et le don dont il est issu : quel magnifique roman sur l’adoption, finalement.

J’ai aimé la dernière page sur l’histoire de chacun avant l’entrée au cimetière.

L’image que je retiendrai :

Celles de pierres au milieu desquelles vit Salina.

https://alexmotamots.fr/salina-laurent-gaude/

La vie en Rose
20,00
1 octobre 2019

humour, vie moderne

Quel titre étonnant, d’abord. Car les romans de l’auteur ne sont pas vraiment roses ("Dans le ventre des mères" ou encore "La guerre des vanités").

Et puis ce récit sur le ton d’une grosse farce où il est question de hard-rock à fond la caisse, de romans noirs volés, d’adolescents passant le bac assassinés.

La bien nommée Rose en charge de sa fratrie, enfin les 2 derniers en pleine adolescence qui n’en font qu’à leur tête pendant que les parents son en Polynésie.

Mais ne vous y trompez pas : l’auteur garde la dent dure contre les dérives de notre société.

Et il vise juste et m’a bien fait rire quand Rose se rend au collège du petit dernier : ce qu’il décrit est si vrai et si drôle….

J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, tout en portant un regard neuf sur le système éducatif.

J’en ai même profité pour noter quelques noms d’auteurs de polars.

L’image que je retiendrai :

Celle de la couleur rose, omniprésente.

https://alexmotamots.fr/la-vie-en-rose-marin-ledun/

La succession

Éditions de L'Olivier

19,00
1 octobre 2019

hérédité

Si j’ai aimé la première partie (à peu près) pendant laquelle le personnage principal nous parle de sa vie professionnelle à Miami, la seconde partie pendant laquelle il reprend le cabinet médical de son père m’a dérangé.

J’ai découvert le monde des pelotaris : comment ils sont sélectionnés, leur condition de travail aux États-Unis dans les années 80 et le monde des paris, la grande grève qui aboutie à la création du syndicat.

J’ai été moins sensible à la famille de Paul Katrakilis, le personnage principal. Bien que ses ascendants soient plutôt haut en couleurs, ils n’ont pas su me toucher.

Enfin, la réflexion sur la fin de vie qui arrive en fin de roman m’a paru peu étoffée.

Une lecture en demi-teinte, donc.

L’image que je retiendrai :

Celle du bruit de la balle quand elle frappe le mur.

https://alexmotamots.fr/la-succession-jean-paul-dubois/

Transparence
19,00
23 septembre 2019

dystopie

J’apprécie les romans de Marc Dugain que j’ai lu jusqu’à présent : "La chambre des officiers", "Ils vont tuer Robert Kennedy", "La malédiction d’Edgar", "Avenue des géants", "L’insomnie des étoiles".

Mais son dernier roman m’a laissé dubitative.

Soit, c’est une dystopie qui se déroule dans quelques années pas si éloignées de nous.

Soit, le propos est crédible : une firme islandaise créée par une française et qui prend le contrôle de Google.

Soit, le romancier se sert de son roman pour nous parler de notre monde moderne et de ses dérives.

Mais le personnage principal m’a laissé dubitative : j’ai eu du mal à croire qu’elle veuille simplement le bien de l’humanité.

La fin m’a paru rocambolesque et improbable.

Pas le meilleur roman de l’auteur pour moi.

L’image que je retiendrai :

Celle du nouveau corps minéral du personnage principal.

https://alexmotamots.fr/transparence-marc-dugain/

Il était une fois dans l'Est
23 septembre 2019

Policier, Slovaquie

Accrochez-vous, ça déménage !

Les actions se déroulent en Slovaquie dans la fin des années 90.

Veronika, 17 ans, est enlevée par deux hommes alors qu’elle fait du stop. Après l’avoir violée, les deux malfrats prévoient de la vendre à un bordel au Kosovo. Mais la jeune fille s’échappe, puis porte plainte auprès de la police locale.

C’est alors que les choses se compliquent : les kidnappeurs semblent bénéficier de protections haut placées, et l’enquête piétine…

Aidée de Pavol Schlesinger, le journaliste qui raconte son histoire, Veronika tente d’échapper aux trois plus grands groupes criminels de l’époque : la police, la justice et les services secrets. Rien que ça !

Une brochette de malfrats méchants et parfois un peu bêtes, on s’y attend. Des policiers corrompus, ça cadre bien dans le décor également. Mais des juges et avocats achetés, et des services secrets à la ramasse, c’est plus original. Sans oublier le représentant de la communauté Rom qui s’en met pleins les poches.

Et pourtant, tout sonne vrai dans ce roman : le décor, les personnages, les différents tableaux.

Il faut dire que l’auteur a été lui-même journaliste. De là à croire qu’il nous décrit une certaine réalité de son pays après la chute du communisme…

J’ai aimé Veronika qui s’accroche jusqu’au bout ; Valent le Barge au nom prédestiné.

J’ai découverte l’ethno-tourisme : les Roms de Slovaquie partent en masse demander l’asile en Occident. Peu d’entre eux ont une vraie chance de réussir, mais il leur faut passer par la procédure standard qui peut prendre des années. Pendant cette période, ils touchent de généreuses allocations sociales.

Qui plus est, les Russes avaient l’intention de submerger l’Occident de migrants illégaux et la Slovaquie avait pris l’engagement de les laisser passer librement.

Vous l’aurez compris, un roman noir sur un pays que je connais peu.

Merci les Editions Agullo, vous avez l’art de dénicher des auteurs et des textes hors-normes, intelligents et qui m’ouvrent des horizons (même parfois peu réjouissants).

L’image que je retiendrai :

La première, celle du juge victime d’un attentat sur la cuvette des toilettes.

https://alexmotamots.fr/il-etait-une-fois-dans-lest-arpad-soltesz/