"La librairie a rouvert aux horaires habituels dans le respect des mesures barrières."

Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Une langue venue d'ailleurs
30 avril 2020

langue française

J’aime les romans de Akira MIZUBAYASHI qui mêlent opéra expliqué aux néophytes et récit. Un auteur japonais qui écrit en français. Ce livre-ci retrace son parcours d’étudiant en français depuis le Japon, puis à Montpellier et Paris ; ses maîtres et sa découverte d’une langue exigeante.

Il y parle de son "étrangéité".

J’ai été quelque peu déçue de ne pas retrouver l’auteur que j’avais entendu en conférence, ses anecdotes sur les différences entre Français et Japonais ; mais aussi sur les différences de culture.

C’est un texte qui raconte uniquement ses années d’apprentissage, sa découverte de Rousseau et de Mozart.

Une légère déception.

Une citation :

Mais je me considérerais comme mort quand je serai mort en français.Car je n’existerai plus alors en tant que ce que j’ai voulu être, ce que je suis devenu de mon propre gré, par ma souveraine décision d’épouser la langue française. (p.263)

L’image que je retiendrai :

Celle du crayon à papier dont se sert l’auteur pour écrire ses compositions, même en France.

https://alexmotamots.fr/une-langue-venue-dailleurs-akira-mizubayashi/

Une enquête de l'inspecteur Maurice Laice, Éros et Thalasso, Une enquête de l'inspecteur Maurice Laice
8,50
30 avril 2020

Françafrique, policier

Livre dédicacé par l’auteure à Sang d’encre en novembre 2019, son écriture date de 1998.

Je n’y ai donc pas trouvé de téléphones portables mais un minitel, pas d’euros mais des francs, une 205 et une 2CV.

Premier volet d’une trilogie, j’ai rencontré l’inspecteur Maurice Laice qui enquête sur 3 affaires en même temps. Celle de la thalasso est plutôt mené par la soeur de la victime.

Soeur qui est psychologue mais aussi thérapeute en shiatsu et qui revient d’un stage au Japon où, sur le mur de sa chambre se trouvait la phrase More is less is more is less…

Alors quand elle rencontre Maurice Laice, ça ne peut que faire tilt.

Une enquête qui tourne autour des gros sous de la Françafrique, continent au nom prédestiné : le monde entier fait du fric sur son dos.

J’ai aimé l’humour de l’auteur, dans les situations et les jeux de mots. J’ai souvent sourit et parfois rit.

Un livre dévoré le temps d’une après-midi.

Il me tarde de retrouver Momo, muté en banlieue parisienne.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’inspecteur qui ne voit pas bien les couleurs. Chaque chapitre porte donc le nom d’une couleur que l’on trouve dans le-dit chapitre.

https://alexmotamots.fr/eros-et-thalasso-chantal-pelletier/

Le complot contre l'Amérique
30 avril 2020

États-Unis, politique

Si j’ai trouvé intéressant la vie de la famille Roth pendant ces années noires, je dois dire que le côté politique du récit ne m’a pas emballé. J’ai découvert avec ahurissement ce que le gouvernement américain réservait aux enfants juifs : le programme Des Gens parmi d’Autres dans le but de dresser les enfants juifs contre leurs parents pour en faire une cinquième colonne.

Le contexte est donc lourd et pesant. Heureusement, quelques touches d’humour viennent alléger la lecture, notamment avec le personnage de Seldon, voisin de Phil, qui ne pense qu’à se faire des tartines et goûter quand sa mère ne revient pas du travail, un soir.

Toutefois, les longues descriptions de la vie politique et des différents meetings présidentiels ne m’ont pas passionné.

J’attendais un roman plus enlevé. Mauvaise pioche avec ce récit à l’atmosphère lourde.

L’image que je retiendrai :

Celle de la collection de timbres de Phil qui se couvre de croix gammées dans ses rêves.

https://alexmotamots.fr/le-complot-contre-lamerique-philip-roth/

Réparer les vivants
30 avril 2020

don d'organe

J’aime les textes courts de cette auteure, comme "Corniche Kennedy". Ses romans plus longs ont tendance à me perdre.
Malheureusement, ce fut le cas pour celui-ci.

J’ai beaucoup aimé le début : ce jeune homme surfeur, l’accident, la mère prévenue qui a du mal à joindre le père.
Les longues phrases de l’auteure m’ont envoûtées. Et puis, ça a commencé au détour d’une phrase : un terme médical technique.

Puis des digressions sur le chardonneret d’un des médecins. J’ai passé de plus en plus de paragraphes en avance rapide, pour ne retrouver que ceux concernant les parents et Simon.

L’image que je retiendrai :

Celle du médecin chantant pour lui-même en faisant les derniers soins à Simon.

https://alexmotamots.fr/reparer-les-vivants-maylis-de-kerangal/

Danser les ombres / roman

Gaudé, Laurent

Actes Sud

7,80
30 avril 2020

amour, Haïti

Ouvrir un roman de Laurent Gaudé, c’est pour moi jouer à pile ou face : ou j’adore, ou j’abandonne.

Et comme je vais faire un article complet, j’ai adoré. Pas tout de suite au commencement de ma lecture. Il m’a fallu un peu de temps pour placer les personnages et leur histoire, la cartographie de la ville.

Et puis le charme des longues phrases envoûtantes de l’auteur a opéré.

J’ai aimé les personnages : les gentils de la villa Fessou, mais aussi le méchant Matrak qui ne trouve plus sa place depuis la fin de la dictature.

J’ai aimé Nine qui aime les hommes, sa simplicité, et j’ai pleuré de rage avec elle quand les hommes étaient violent avec elle.

J’ai aimé Lily qui ne veut pas mourir entre les murs aseptisés d’un hôpital.

J’ai aimé Mme Kénol qui reconnait son fils dans le fils bâtard de la bonniche et lui donne son nom.

J’ai aimé sa cuisinière, Dame Petite, qui fait danser les morts et les vivants afin que chacun retourne chez soi.

Un roman magnifique et juste qui m’a fait verser des larmes de tristesse et de joie.

Quelques citations :

Les gens s’énervent. Ils ont besoin de colère. Cela leur fait du bien après tant de terreur.

Ils savent qu’ils ne pourront faire autrement et c’est contre cela qu’ils s’énervent. La rage de devoir céder.

(…) pleurer encore, ce sera un profond soulagement… Il va leur ouvrir à tous pour qu’ils aitent le temps de s’assoir, de dire ce qu’ils ont vécu, de montrer leurs plaies, et ce ne sera pas rien.

Si la République avait à choisir un slogan, ce serait : « Consommation, satisfaction et tombola ! ».

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage féminin vaudou Madame Brigitte, épouse de Baron Samedi.

https://alexmotamots.fr/danser-les-ombres-laurent-gaude/

Les mesures de confinement et la fermeture de la plupart des bureaux de poste nous empêche provisoirement de vous expédier les livres. Prenez soin de vous, continuez à lire et ne nous oubliez pas !