Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Les Mutations

Les Escales Éditions

19,90
23 septembre 2019

Mexique

Autant le dire tout de suite : c’est un roman mexicain haut en couleurs avec plein de personnages farfelus.

J’ai aimé en suivre certain : la psy qui fait pousser du cannabis pour ses patients, et beaucoup moins d’autres : l’oncologue au vocabulaire trop scientifique.

Un récit parfois loufoque et qui se fini en apothéose.

Un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle du vocabulaire ordurier du perroquet.

https://alexmotamots.fr/les-mutations-jorge-comensal/

Blanc Mortel
23 septembre 2019

Enquête, Londres

Je me demande ce que j’aime le plus dans les enquêtes de Cormoran et Robin : l’enquête en elle-même ou la vie privée des personnages ?

Le roman s’ouvre sur le mariage de Robin et Mathew, en pleine crise. Et pendant leur première année de mariage, j’ai eu l’impression qu’ils ne faisaient que se disputer.

J’ai même soupçonné Mathew de tromper Robin, qui n’y verrai que du feu.

Pendant ce temps, Cormoran fréquente Loreleï qui a le tord de lui déclarer qu’elle l’aime.

L’enquête nous entraine dans les coulisses de la Chambre des Communes : passionnant !

Un pavé qui se dévore en quelques jours, car l’auteur sait tenir sons lecteur en haleine d’un chapitre à l’autre, et sans temps mort.

L’image que je retiendrai :

Celle de Charlotte, l’ancienne conquête de Cormoran, enceinte jusqu’aux yeux de jumeaux, mais toujours aussi combative.

https://alexmotamots.fr/blanc-mortel-robert-galbraith/

N'essuie jamais de larmes sans gants
16 septembre 2019

Homosexualité, SIDA

Ce livre n’est pas un roman, ce livre est une ode aux morts homosexuels du SIDA en Suède, lors de leurs folles années de libération.

Nous suivons Rasmus et Benjamin, ainsi que leurs amis Paul, Lars-Ake, Seppo, Reine et Benrgt.

Au fil des pages, nous découvrons leur histoire : leur enfance, souvent dans des petits villages ; leur adolescence et leur arrivée à Stockholm où ils peuvent enfin vivre leur sexualité, même de façon cachée.

Benjamin, bien qu’ayant grandi à Stockholm est celui qui a fait le plus de chemin, ayant été élevé par des parents témoins de Jéhovah.

Il tombe amoureux de Rasmus dès leur première rencontre un soir de Noël par l’intermédiaire de Paul.

C’est le temps de l’amour. Puis vient le temps de la maladie : l’entrée dans l’inconnu sans le savoir. Reine sera le premier touché.

L’auteur décrit les conditions horribles de non-soins des premières victimes du SIDA.

Puis vient le temps de la mort : le deuil des amis, mais aussi la méconnaissance des familles.

J’ai aimé le leitmotiv de Benjamin : Je veux dans ma vie pouvoir aimer quelqu’un qui m’aime.

J’ai découvert le leitmotiv des témoins de Jéhovah dans leur famille : amour et surveillance.

L’auteur reprend aussi plusieurs leitmotivs : ces jeunes hommes, forces vives de la nation, que la société laisse mourir ; certains passages sont repris comme celui sur la tour de garde de la famille de Benjamin.

Il est beaucoup question de lecture de Picsou magazine !

J’ai aimé les réveillons de Noël chez Paul, année après année, jusqu’à la dernière.

Je ne savais pas que la lettre lambda était l’un des signes de reconnaissance des homosexuels.

J’ai aimé que Rasmus écrive son nom sur la buée de la vitre qui disparait, alors que Benjamin inscrit ses empreintes indélébiles.

J’ai aimé l’analyse de l’auteur sur le SIDA : le malade du SIDA n’est pas en premier lieu une personne que la société doit protéger. Il est une personne dont la société doit se protéger.

J’ai aimé le parallèle entre Rasmus et l’élan blanc : eux, à part, si différents.

J’ai aimé le cri de vie de Paul : oui, il a existé.

L’image que je retiendrai :

Celle de la couleur jaune qui revient par touches.

https://alexmotamots.fr/nessuie-jamais-de-larmes-sans-gant-jonas-gardell/

La Maison
21,00
16 septembre 2019

Prostitution

"J’ai toujours cru que j’écrivais sur les hommes. Avant de m’apercevoir que je n’écris que sur les femmes. Sur le fait d’en être une."

Dans ce dernier roman (mais s’agit-il d’un roman ou d’un récit ?) l’auteure parle d’une profession bien particulière : la prostituée, celle qui officie en maison close en Allemagne.

Á Berlin, la narratrice commence son métier dans une maison pleine de jeunes filles de l’est rivée à leur smartphone en attendant le client. Mais cela ne lui convient pas.

Elle trouve alors La maison où chaque femme est libre de venir travailler ou pas, de refuser un client, de disparaître sans laisser d’adresse.

"Il est vrai que la situation des prostituées est différentes en France, mais j’ai apprécié son analyse. Ce métier en appelle à la capacité des femmes à perdre leurs repères et à les retrouver tels qu’ils étaient à la même place" (p.241).

"Cette maison représente un endroit sur terre où ces femmes sont adorées, convoitées, réputées, flattées comme d’adorables despotes, (…) jalousées et acceptées (…). Et c’est peut-être exactement le nœud du problème" (p.249)

"Peut-être que le jour où on offrira aux femmes des boulots convenablement payés, elles n’auront plus l’idée de baisser leur culotte pour compléter leurs fins de mois "(p.255).

"Le bordel est la part d’humilité inexorable de la société, l’homme et la femme réduits à leur plus stricte vérité – de la chair" (p.356)

Elle m’a fait rire parfois, comme lorsque Paulette, archétype de l’Allemande, arrive au milieu de filles ukrainiennes.

J’ai été frappé par le rapport au temps de ces femmes qui attendent beaucoup. Parfois avec leurs camarades, parfois seules face à leur téléphone.

On sent dans ces pages, que la narratrice y a trouvé son bonheur pendant 2 ans. Et c’est là le principal.

L’image que je retiendrai :

Celle des beaux jours d’été à Berlin, à croire qu’il n’y a pas d’hiver.

https://alexmotamots.fr/la-maison-emma-becker/

Les mafieuses
15,00
16 septembre 2019

Enquête, mafia

Les règlements de compte façon mafia, ce n’est pas trop mon truc. Mais ce titre au féminin me faisait de l’œil depuis un moment.

Je n’ai pas été déçue par cette famille : le père est aux soins intensifs suite à un AVC, mais a lancé un contrat sur la tête de sa femme si il mourait pour qu’ils restent à jamais unis, même décédés (c’est beau, hein ?)

La fille aînée a repris le business de la drogue dans la ville en fournissant les camés via sa pharmacie. Et elle compte bien ouvrir des succursales.

La cadette c’est elle lancée dans l’humanitaire pour rompre avec papa, mais s’aperçoit que dans ce milieu, les magouilles sont juste revêtues de bonnes intentions.

J’ai aimé ce roman mené tambour battant où l’on suit ses trois femmes de caractères, les hommes étant soit morts, soit en maison de retraite.

J’ai aimé l’inventivité de la couverture de la pharmacie, je suis sûre que ça peut marcher….

L’auteure n’y va pas de mains mortes avec les associations humanitaires, ça sent le vécu.

Une famille de mafieuses sans pistolet que l’on n’oublie pas.

L’image que je retiendrai :

Celle de la fille aînée achetant une balancelle pour son jardin dans l’optique de faire assoir dessus ses hommes de main. Jubilatoire !

https://alexmotamots.fr/les-mafieuses-pascale-dietrich/